D'où viennent ces chiffres : des jeux de données ouverts du ministère de l'Éducation nationale, sur data.education.gouv.fr. Effectifs et classes de la rentrée 2025, indices de position sociale des écoles pour 2024-2025 et des collèges pour 2025-2026, indicateurs de valeur ajoutée de la session 2025 du brevet. Un piège écarté : plusieurs communes s'appellent Valence en France. Nous avons filtré les établissements sur les identifiants officiels de l'annuaire de Valence dans la Drôme. Sans ce filtre, un collège Jean Rostand de 780 élèves, situé ailleurs, gonflait notre total de 20 %.

Cette page ne classe pas les établissements : elle donne les chiffres que le ministère publie et explique ce qu'ils veulent dire. Le plus frappant tient en une phrase : le collège public au public le plus favorisé est aussi celui qui fait le moins progresser ses élèves. Et ce n'est pas un accident d'une année.

Pour les adresses, les secteurs et la carte des huit établissements, voyez plutôt notre page les collèges de Valence.

5 932écoliers dans 43 écoles
4 364collégiens dans 8 collèges
20,5élèves par classe en moyenne
47 %des collégiens sont dans le privé

Les écoles : 43 établissements, trois réalités

Valence compte 43 écoles publiques et privées, 290 classes et 5 932 élèves. La moyenne de 20,5 élèves par classe ne veut pas dire grand-chose prise seule, parce qu'elle recouvre trois situations très différentes.

CatégorieÉcolesÉlèvesClassesÉlèves par classe
Écoles publiques en éducation prioritaire141 97111617,0
Autres écoles publiques242 55011921,4
Écoles privées sous contrat51 4115525,7
Ensemble de la ville435 93229020,5

Une classe de réseau d'éducation prioritaire compte à Valence huit élèves de moins qu'une classe du privé. C'est l'effet direct de la politique d'éducation prioritaire : là où les élèves cumulent le plus de difficultés, l'État met plus de moyens par élève. Ce chiffre est la meilleure réponse à l'idée reçue selon laquelle les écoles des quartiers populaires seraient « laissées de côté ».

Cela ne signifie pas que tout se vaut. Une classe de 17 élèves dans une école où beaucoup d'enfants arrivent sans maîtriser le français demande davantage à l'enseignant qu'une classe de 25 dans un quartier favorisé. Le nombre d'élèves par classe mesure un moyen, pas un résultat.

Un quart des écoliers valentinois, exactement 23,8 %, sont scolarisés dans le privé. Cinq écoles y accueillent 1 411 élèves : Notre-Dame, Saint-Joseph, Sainte-Marie, Saint-Apollinaire et Saint-Félix.

Ce que mesure l'indice de position sociale

Le ministère publie pour chaque établissement un indice de position sociale, l'IPS. Avant de lire le moindre chiffre, il faut savoir exactement ce qu'il mesure, faute de quoi on lui fait dire l'inverse de la vérité.

L'IPS mesure les professions des parents, un point c'est tout. Il est construit à partir de la catégorie socioprofessionnelle des familles, pas des résultats des élèves, pas du niveau des enseignants, pas de l'ambiance de l'établissement. Un IPS élevé signifie « les parents de cet établissement sont en moyenne cadres, professions intermédiaires ou indépendants ». Un IPS bas signifie « les parents sont en moyenne employés, ouvriers, ou sans emploi ».

Un IPS bas n'est donc pas une mauvaise note. Il ne dit rien de la qualité de l'enseignement, rien du sérieux des élèves, rien du climat scolaire. Il décrit la composition sociale d'un quartier, dont l'établissement hérite parce qu'il est là.

L'IPS sert à une chose, et elle est essentielle : c'est le point de comparaison qui permet de juger un établissement à sa juste mesure. Comparer les résultats bruts de deux collèges dont les publics n'ont rien à voir n'apprend rien. Comparer chacun à ce qu'on pouvait en attendre, c'est autre chose. C'est le rôle de l'indicateur suivant.

Pour situer les chiffres valentinois : l'IPS moyen national est de 106,2. Il est de 100,8 pour l'ensemble des collèges publics et de 125,5 pour les collèges privés. Dans la Drôme, les collèges publics sont à 102,1.

La valeur ajoutée au brevet

La valeur ajoutée compare le taux de réussite réel au brevet à celui que l'on pouvait attendre, compte tenu du profil social et scolaire des élèves accueillis. C'est l'indicateur le plus honnête dont on dispose pour parler d'un établissement.

Comment lire ce chiffre : il s'exprime en points de taux de réussite. Plus il est haut, mieux c'est. Une valeur ajoutée de plus 4 signifie que le collège obtient 4 points de réussite de plus qu'attendu. Une valeur de moins 20 signifie qu'il en obtient 20 de moins. Ainsi plus 4 est meilleur que moins 2, qui est lui-même meilleur que moins 20. Une valeur autour de zéro signifie que l'établissement fait exactement ce que l'on pouvait prévoir.

CollègeSecteurÉlèvesIPSRéussite au brevetValeur ajoutée
en points, plus haut = mieux
Émile Loubetpublic36890,076 %+ 4
Sainte-Anne La Providenceprivé490118,297 %+ 2
Saint-Victorprivé680129,998 %+ 1
Notre-Dameprivé873119,193 %− 2
Marcel Pagnolpublic, REP54689,684 %− 2
Jean Zaypublic, REP46795,380 %− 3
Paul Valérypublic, REP44888,180 %− 4
Camille Vernetpublic492102,168 %− 20

Premier constat. Le collège qui fait le plus progresser ses élèves à Valence est un collège public à IPS bas, Émile Loubet, avec plus 4 points. Il devance les trois établissements privés de la ville. C'est le seul de la ville à dépasser nettement zéro, et il y parvient avec le deuxième IPS le plus faible.

Deuxième constat, plus dérangeant. Camille Vernet a l'IPS le plus élevé des cinq collèges publics, 102,1, donc les familles en moyenne les plus favorisées du public valentinois. Et il affiche moins 20 points de valeur ajoutée, de très loin la plus faible de la ville, avec un taux de réussite au brevet de 68 %. Ses élèves réussissent nettement moins bien que ce que leur profil laissait attendre.

Troisième constat. Les trois collèges en éducation prioritaire, Marcel Pagnol, Jean Zay et Paul Valéry, sont tous entre moins 2 et moins 4. Autrement dit, ils font presque ce que l'on pouvait attendre d'eux, malgré des publics parmi les plus fragiles du département. Leurs taux de réussite bruts, 80 à 84 %, sont plus élevés que celui de Camille Vernet.

Quatre sessions du brevet, deux trajectoires

Un indicateur d'une session peut toujours refléter une classe particulière ou un incident. Nous avons donc repris les quatre dernières sessions du brevet pour les deux établissements les plus étonnants. Les deux trajectoires sont continues, et opposées.

Session du brevetCamille VernetÉmile Loubet
2022+ 1− 18
2023− 11− 14
2024− 8− 8
2025− 20+ 4

Émile Loubet remonte de 22 points en quatre ans. Camille Vernet en perd 21 sur la même période. Quelque chose s'est passé dans ces deux établissements, et les données publiques ne disent pas quoi : elles mesurent un résultat, pas ses causes. Un changement d'équipe, une modification de la carte scolaire, un projet pédagogique, un départ, tout est possible. Nous constatons, nous n'expliquons pas.

Les limites de cet indicateur, honnêtement : la valeur ajoutée porte sur le seul brevet, qui ne résume pas quatre années de collège. Elle est calculée sur des effectifs de quelques dizaines d'élèves, ce qui la rend sensible aux variations. Elle ne mesure ni le bien-être des élèves, ni la qualité de la vie scolaire, ni ce que devient un enfant au lycée. Ce n'est pas un classement des établissements, et il ne faut pas s'en servir comme tel. C'est un signal, à confronter à une visite, à une rencontre avec l'équipe et à l'avis d'autres parents.

Presque un collégien sur deux dans le privé

Sur 4 364 collégiens valentinois, 2 043 sont scolarisés dans les trois collèges privés sous contrat, soit 46,8 %. C'est une proportion élevée, et surtout deux fois supérieure à celle du premier degré, où le privé accueille 23,8 % des écoliers.

Le basculement se fait donc à l'entrée en sixième. Notre-Dame, avec 873 élèves, est de loin le plus gros collège de la ville, devant Saint-Victor et ses 680 élèves. Aucun collège public ne dépasse 546 élèves.

Ce déséquilibre a une conséquence mécanique sur les chiffres précédents : les collèges publics valentinois scolarisent un public plus modeste que la moyenne de la ville, parce qu'une partie des familles favorisées est passée dans le privé. C'est exactement pourquoi la valeur ajoutée est plus juste que le taux de réussite brut.

Les écoles publiques, école par école

Classées par effectif. La colonne IPS n'existe que pour les écoles élémentaires et primaires : le ministère ne le publie pas pour les maternelles.

ÉcoleTypeÉlèvesClassesPar classeIPSREP
Albert Bayetélémentaire2401417,1101,3oui
Micheletélémentaire2361318,275,2oui
Pierre Rigaudélémentaire2311515,476,1oui
Brossoletteélémentaire2161316,674,6oui
Kergomard Récamierprimaire182822,8108,9non
Ferdinand Buissonélémentaire177919,780,6non
Jules Vallèsélémentaire1711115,577,9oui
Albert Camusélémentaire163723,3102,3non
Paul Langevinélémentaire150721,4102,3non
Michel de Montaigneélémentaire132718,9101,8non
Léo Lagrangeélém. d'application129621,5114,1non
Albert Bayetmaternelle128718,3non publiéoui
Célestin Freinetélémentaire126718,090,8oui
Micheletmaternelle122717,4non publiéoui
Léon Archimbaudélémentaire119619,8100,4non
Sophie Condorcetélémentaire117523,4121,1non
Ferdinand Buissonmaternelle116619,3non publiénon
Ernest Renanélémentaire115523,096,6non
Louis Pergaudélémentaire113522,6101,2non
Jean de La Fontaineélémentaire111522,2110,1non
Charles Seignobosélémentaire107617,879,0oui
Lapratélémentaire106521,2116,0non
André Abelélémentaire102520,4100,9non
Romain Rollandmaternelle95423,8non publiénon
Jean de La Bruyèrematernelle95423,8non publiénon
Pierre Rigaudmaternelle92518,4non publiéoui
Jules Vallèsmaternelle84516,8non publiéoui
Louise Michelélémentaire83516,6101,0non
Célestin Freinetmaternelle80516,0non publiéoui
Charles Seignobosmaternelle72418,0non publiéoui
Chauffourmaternelle72324,0non publiénon
Marcellin Berthelotmaternelle72324,0non publiénon
Léon Archimbaudmaternelle71323,7non publiénon
Michel de Montaignematernelle68322,7non publiénon
Ninon Vallinmaternelle66416,5non publiéoui
Sophie Condorcetmat. d'application63321,0non publiénon
Léo Lagrangematernelle61320,3non publiénon
Louise Michelmaternelle38219,0non publiénon

Les cinq écoles privées, plus grandes en moyenne : Notre-Dame 363 élèves et IPS 117,9, Saint-Joseph 333 et 131,2, Sainte-Marie 267 et 125,7, Saint-Apollinaire 237 et 124,9, Saint-Félix 211 et 117,1. Toutes tournent entre 23,8 et 26,7 élèves par classe.

Le contraste d'IPS est net : de 74,6 à Brossolette à 131,2 à Saint-Joseph, l'écart est de 57 points à l'intérieur d'une même ville. Il redit ce que la carte des prix de l'immobilier montre autrement, et presque aux mêmes endroits : Valence est une ville socialement très contrastée sur de courtes distances. La moyenne nationale des écoles publiques est à 103,1.

Les langues vivantes en cinquième

En cinquième, le choix de la deuxième langue vivante est un marqueur discret mais parlant. Les huit collèges de Valence proposent l'allemand, ce qui est remarquable, mais les effectifs restent minces partout : sur 1 090 élèves de cinquième, 90 seulement font de l'allemand, soit un sur douze. Le détail : 22 germanistes à Saint-Victor, 15 à Notre-Dame, 14 à Paul Valéry, 11 à Marcel Pagnol, 9 à Émile Loubet, 8 à Camille Vernet, 6 à Sainte-Anne et 5 à Jean Zay.

Un choix proposé n'est pas un choix ouvert : une option qui rassemble cinq élèves tient à un fil, et peut disparaître d'une rentrée à l'autre. Si la deuxième langue compte dans votre décision, posez la question de l'effectif réel de l'option, pas seulement de son existence sur la brochure.

L'italien, lui, n'existe que dans six collèges sur huit. Saint-Victor et Camille Vernet n'ont aucun italianiste en cinquième, alors que Sainte-Anne en compte 36 et Notre-Dame 25. Là encore, mieux vaut vérifier établissement par établissement plutôt que de se fier à une règle générale.

Comment se servir de ces chiffres

Ne choisissez pas un collège sur le taux de réussite au brevet. Il dépend d'abord du public accueilli. Les 98 % de Saint-Victor et les 80 % de Paul Valéry ne mesurent pas la même chose, et la valeur ajoutée le montre : un point d'écart seulement entre les deux établissements en termes d'apport réel.

Regardez la valeur ajoutée sur plusieurs années, jamais sur une seule. Une trajectoire vaut mieux qu'un point.

Regardez aussi ce qui vient après. Les collèges privés valentinois appartiennent presque tous à un groupe scolaire qui va jusqu'au baccalauréat, ce qui pèse dans une décision de sixième : voyez les lycées de Valence. Et pour le quotidien, la cantine scolaire se réserve au quotient familial.

Souvenez-vous que vous n'avez pas toujours le choix. Dans le public, la carte scolaire détermine votre établissement de rattachement selon votre adresse. Ces chiffres servent alors moins à choisir qu'à savoir quoi regarder lors de la réunion de rentrée, et quelles questions poser. Si vous n'êtes pas encore installé, en revanche, ils se lisent utilement avec les prix au mètre carré quartier par quartier.

Questions fréquentes

Combien d'élèves à Valence ?

5 932 écoliers dans 43 écoles et 4 364 collégiens dans 8 collèges à la rentrée 2025.

Combien d'élèves par classe ?

20,5 en moyenne, mais 17,0 dans les écoles en éducation prioritaire, 21,4 dans les autres écoles publiques et 25,7 dans le privé.

Un IPS bas veut-il dire une mauvaise école ?

Non. L'IPS décrit les professions des parents, pas la qualité de l'établissement ni le comportement des élèves. Il sert de point de comparaison pour juger un établissement à sa juste mesure, ce que fait la valeur ajoutée.

Une valeur ajoutée de plus 4, c'est bien ?

Oui. Plus le chiffre est haut, mieux c'est. Plus 4 signifie 4 points de réussite au brevet de mieux qu'attendu ; moins 20 signifie 20 points de moins. À Valence, plus 4 est la meilleure performance de la ville.

Quels collèges sont en éducation prioritaire ?

Trois collèges publics : Jean Zay, Marcel Pagnol et Paul Valéry. Quatorze écoles du premier degré sont également classées en réseau d'éducation prioritaire.

Combien de collégiens valentinois sont dans le privé ?

2 043 sur 4 364, soit 46,8 %. C'est deux fois plus que dans le premier degré, où le privé scolarise 23,8 % des élèves.