Cette page ne classe pas les établissements : elle donne les chiffres que le ministère publie et explique ce qu'ils veulent dire. Le plus frappant tient en une phrase : le collège public au public le plus favorisé est aussi celui qui fait le moins progresser ses élèves. Et ce n'est pas un accident d'une année.
Pour les adresses, les secteurs et la carte des huit établissements, voyez plutôt notre page les collèges de Valence.
Les écoles : 43 établissements, trois réalités
Valence compte 43 écoles publiques et privées, 290 classes et 5 932 élèves. La moyenne de 20,5 élèves par classe ne veut pas dire grand-chose prise seule, parce qu'elle recouvre trois situations très différentes.
| Catégorie | Écoles | Élèves | Classes | Élèves par classe |
|---|---|---|---|---|
| Écoles publiques en éducation prioritaire | 14 | 1 971 | 116 | 17,0 |
| Autres écoles publiques | 24 | 2 550 | 119 | 21,4 |
| Écoles privées sous contrat | 5 | 1 411 | 55 | 25,7 |
| Ensemble de la ville | 43 | 5 932 | 290 | 20,5 |
Une classe de réseau d'éducation prioritaire compte à Valence huit élèves de moins qu'une classe du privé. C'est l'effet direct de la politique d'éducation prioritaire : là où les élèves cumulent le plus de difficultés, l'État met plus de moyens par élève. Ce chiffre est la meilleure réponse à l'idée reçue selon laquelle les écoles des quartiers populaires seraient « laissées de côté ».
Cela ne signifie pas que tout se vaut. Une classe de 17 élèves dans une école où beaucoup d'enfants arrivent sans maîtriser le français demande davantage à l'enseignant qu'une classe de 25 dans un quartier favorisé. Le nombre d'élèves par classe mesure un moyen, pas un résultat.
Un quart des écoliers valentinois, exactement 23,8 %, sont scolarisés dans le privé. Cinq écoles y accueillent 1 411 élèves : Notre-Dame, Saint-Joseph, Sainte-Marie, Saint-Apollinaire et Saint-Félix.
Ce que mesure l'indice de position sociale
Le ministère publie pour chaque établissement un indice de position sociale, l'IPS. Avant de lire le moindre chiffre, il faut savoir exactement ce qu'il mesure, faute de quoi on lui fait dire l'inverse de la vérité.
L'IPS mesure les professions des parents, un point c'est tout. Il est construit à partir de la catégorie socioprofessionnelle des familles, pas des résultats des élèves, pas du niveau des enseignants, pas de l'ambiance de l'établissement. Un IPS élevé signifie « les parents de cet établissement sont en moyenne cadres, professions intermédiaires ou indépendants ». Un IPS bas signifie « les parents sont en moyenne employés, ouvriers, ou sans emploi ».
Un IPS bas n'est donc pas une mauvaise note. Il ne dit rien de la qualité de l'enseignement, rien du sérieux des élèves, rien du climat scolaire. Il décrit la composition sociale d'un quartier, dont l'établissement hérite parce qu'il est là.
L'IPS sert à une chose, et elle est essentielle : c'est le point de comparaison qui permet de juger un établissement à sa juste mesure. Comparer les résultats bruts de deux collèges dont les publics n'ont rien à voir n'apprend rien. Comparer chacun à ce qu'on pouvait en attendre, c'est autre chose. C'est le rôle de l'indicateur suivant.
Pour situer les chiffres valentinois : l'IPS moyen national est de 106,2. Il est de 100,8 pour l'ensemble des collèges publics et de 125,5 pour les collèges privés. Dans la Drôme, les collèges publics sont à 102,1.
La valeur ajoutée au brevet
La valeur ajoutée compare le taux de réussite réel au brevet à celui que l'on pouvait attendre, compte tenu du profil social et scolaire des élèves accueillis. C'est l'indicateur le plus honnête dont on dispose pour parler d'un établissement.
Comment lire ce chiffre : il s'exprime en points de taux de réussite. Plus il est haut, mieux c'est. Une valeur ajoutée de plus 4 signifie que le collège obtient 4 points de réussite de plus qu'attendu. Une valeur de moins 20 signifie qu'il en obtient 20 de moins. Ainsi plus 4 est meilleur que moins 2, qui est lui-même meilleur que moins 20. Une valeur autour de zéro signifie que l'établissement fait exactement ce que l'on pouvait prévoir.
| Collège | Secteur | Élèves | IPS | Réussite au brevet | Valeur ajoutée en points, plus haut = mieux |
|---|---|---|---|---|---|
| Émile Loubet | public | 368 | 90,0 | 76 % | + 4 |
| Sainte-Anne La Providence | privé | 490 | 118,2 | 97 % | + 2 |
| Saint-Victor | privé | 680 | 129,9 | 98 % | + 1 |
| Notre-Dame | privé | 873 | 119,1 | 93 % | − 2 |
| Marcel Pagnol | public, REP | 546 | 89,6 | 84 % | − 2 |
| Jean Zay | public, REP | 467 | 95,3 | 80 % | − 3 |
| Paul Valéry | public, REP | 448 | 88,1 | 80 % | − 4 |
| Camille Vernet | public | 492 | 102,1 | 68 % | − 20 |
Premier constat. Le collège qui fait le plus progresser ses élèves à Valence est un collège public à IPS bas, Émile Loubet, avec plus 4 points. Il devance les trois établissements privés de la ville. C'est le seul de la ville à dépasser nettement zéro, et il y parvient avec le deuxième IPS le plus faible.
Deuxième constat, plus dérangeant. Camille Vernet a l'IPS le plus élevé des cinq collèges publics, 102,1, donc les familles en moyenne les plus favorisées du public valentinois. Et il affiche moins 20 points de valeur ajoutée, de très loin la plus faible de la ville, avec un taux de réussite au brevet de 68 %. Ses élèves réussissent nettement moins bien que ce que leur profil laissait attendre.
Troisième constat. Les trois collèges en éducation prioritaire, Marcel Pagnol, Jean Zay et Paul Valéry, sont tous entre moins 2 et moins 4. Autrement dit, ils font presque ce que l'on pouvait attendre d'eux, malgré des publics parmi les plus fragiles du département. Leurs taux de réussite bruts, 80 à 84 %, sont plus élevés que celui de Camille Vernet.
Quatre sessions du brevet, deux trajectoires
Un indicateur d'une session peut toujours refléter une classe particulière ou un incident. Nous avons donc repris les quatre dernières sessions du brevet pour les deux établissements les plus étonnants. Les deux trajectoires sont continues, et opposées.
| Session du brevet | Camille Vernet | Émile Loubet |
|---|---|---|
| 2022 | + 1 | − 18 |
| 2023 | − 11 | − 14 |
| 2024 | − 8 | − 8 |
| 2025 | − 20 | + 4 |
Émile Loubet remonte de 22 points en quatre ans. Camille Vernet en perd 21 sur la même période. Quelque chose s'est passé dans ces deux établissements, et les données publiques ne disent pas quoi : elles mesurent un résultat, pas ses causes. Un changement d'équipe, une modification de la carte scolaire, un projet pédagogique, un départ, tout est possible. Nous constatons, nous n'expliquons pas.
Presque un collégien sur deux dans le privé
Sur 4 364 collégiens valentinois, 2 043 sont scolarisés dans les trois collèges privés sous contrat, soit 46,8 %. C'est une proportion élevée, et surtout deux fois supérieure à celle du premier degré, où le privé accueille 23,8 % des écoliers.
Le basculement se fait donc à l'entrée en sixième. Notre-Dame, avec 873 élèves, est de loin le plus gros collège de la ville, devant Saint-Victor et ses 680 élèves. Aucun collège public ne dépasse 546 élèves.
Ce déséquilibre a une conséquence mécanique sur les chiffres précédents : les collèges publics valentinois scolarisent un public plus modeste que la moyenne de la ville, parce qu'une partie des familles favorisées est passée dans le privé. C'est exactement pourquoi la valeur ajoutée est plus juste que le taux de réussite brut.
Les écoles publiques, école par école
Classées par effectif. La colonne IPS n'existe que pour les écoles élémentaires et primaires : le ministère ne le publie pas pour les maternelles.
| École | Type | Élèves | Classes | Par classe | IPS | REP |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Albert Bayet | élémentaire | 240 | 14 | 17,1 | 101,3 | oui |
| Michelet | élémentaire | 236 | 13 | 18,2 | 75,2 | oui |
| Pierre Rigaud | élémentaire | 231 | 15 | 15,4 | 76,1 | oui |
| Brossolette | élémentaire | 216 | 13 | 16,6 | 74,6 | oui |
| Kergomard Récamier | primaire | 182 | 8 | 22,8 | 108,9 | non |
| Ferdinand Buisson | élémentaire | 177 | 9 | 19,7 | 80,6 | non |
| Jules Vallès | élémentaire | 171 | 11 | 15,5 | 77,9 | oui |
| Albert Camus | élémentaire | 163 | 7 | 23,3 | 102,3 | non |
| Paul Langevin | élémentaire | 150 | 7 | 21,4 | 102,3 | non |
| Michel de Montaigne | élémentaire | 132 | 7 | 18,9 | 101,8 | non |
| Léo Lagrange | élém. d'application | 129 | 6 | 21,5 | 114,1 | non |
| Albert Bayet | maternelle | 128 | 7 | 18,3 | non publié | oui |
| Célestin Freinet | élémentaire | 126 | 7 | 18,0 | 90,8 | oui |
| Michelet | maternelle | 122 | 7 | 17,4 | non publié | oui |
| Léon Archimbaud | élémentaire | 119 | 6 | 19,8 | 100,4 | non |
| Sophie Condorcet | élémentaire | 117 | 5 | 23,4 | 121,1 | non |
| Ferdinand Buisson | maternelle | 116 | 6 | 19,3 | non publié | non |
| Ernest Renan | élémentaire | 115 | 5 | 23,0 | 96,6 | non |
| Louis Pergaud | élémentaire | 113 | 5 | 22,6 | 101,2 | non |
| Jean de La Fontaine | élémentaire | 111 | 5 | 22,2 | 110,1 | non |
| Charles Seignobos | élémentaire | 107 | 6 | 17,8 | 79,0 | oui |
| Laprat | élémentaire | 106 | 5 | 21,2 | 116,0 | non |
| André Abel | élémentaire | 102 | 5 | 20,4 | 100,9 | non |
| Romain Rolland | maternelle | 95 | 4 | 23,8 | non publié | non |
| Jean de La Bruyère | maternelle | 95 | 4 | 23,8 | non publié | non |
| Pierre Rigaud | maternelle | 92 | 5 | 18,4 | non publié | oui |
| Jules Vallès | maternelle | 84 | 5 | 16,8 | non publié | oui |
| Louise Michel | élémentaire | 83 | 5 | 16,6 | 101,0 | non |
| Célestin Freinet | maternelle | 80 | 5 | 16,0 | non publié | oui |
| Charles Seignobos | maternelle | 72 | 4 | 18,0 | non publié | oui |
| Chauffour | maternelle | 72 | 3 | 24,0 | non publié | non |
| Marcellin Berthelot | maternelle | 72 | 3 | 24,0 | non publié | non |
| Léon Archimbaud | maternelle | 71 | 3 | 23,7 | non publié | non |
| Michel de Montaigne | maternelle | 68 | 3 | 22,7 | non publié | non |
| Ninon Vallin | maternelle | 66 | 4 | 16,5 | non publié | oui |
| Sophie Condorcet | mat. d'application | 63 | 3 | 21,0 | non publié | non |
| Léo Lagrange | maternelle | 61 | 3 | 20,3 | non publié | non |
| Louise Michel | maternelle | 38 | 2 | 19,0 | non publié | non |
Les cinq écoles privées, plus grandes en moyenne : Notre-Dame 363 élèves et IPS 117,9, Saint-Joseph 333 et 131,2, Sainte-Marie 267 et 125,7, Saint-Apollinaire 237 et 124,9, Saint-Félix 211 et 117,1. Toutes tournent entre 23,8 et 26,7 élèves par classe.
Le contraste d'IPS est net : de 74,6 à Brossolette à 131,2 à Saint-Joseph, l'écart est de 57 points à l'intérieur d'une même ville. Il redit ce que la carte des prix de l'immobilier montre autrement, et presque aux mêmes endroits : Valence est une ville socialement très contrastée sur de courtes distances. La moyenne nationale des écoles publiques est à 103,1.
Les langues vivantes en cinquième
En cinquième, le choix de la deuxième langue vivante est un marqueur discret mais parlant. Les huit collèges de Valence proposent l'allemand, ce qui est remarquable, mais les effectifs restent minces partout : sur 1 090 élèves de cinquième, 90 seulement font de l'allemand, soit un sur douze. Le détail : 22 germanistes à Saint-Victor, 15 à Notre-Dame, 14 à Paul Valéry, 11 à Marcel Pagnol, 9 à Émile Loubet, 8 à Camille Vernet, 6 à Sainte-Anne et 5 à Jean Zay.
Un choix proposé n'est pas un choix ouvert : une option qui rassemble cinq élèves tient à un fil, et peut disparaître d'une rentrée à l'autre. Si la deuxième langue compte dans votre décision, posez la question de l'effectif réel de l'option, pas seulement de son existence sur la brochure.
L'italien, lui, n'existe que dans six collèges sur huit. Saint-Victor et Camille Vernet n'ont aucun italianiste en cinquième, alors que Sainte-Anne en compte 36 et Notre-Dame 25. Là encore, mieux vaut vérifier établissement par établissement plutôt que de se fier à une règle générale.
Comment se servir de ces chiffres
Ne choisissez pas un collège sur le taux de réussite au brevet. Il dépend d'abord du public accueilli. Les 98 % de Saint-Victor et les 80 % de Paul Valéry ne mesurent pas la même chose, et la valeur ajoutée le montre : un point d'écart seulement entre les deux établissements en termes d'apport réel.
Regardez la valeur ajoutée sur plusieurs années, jamais sur une seule. Une trajectoire vaut mieux qu'un point.
Regardez aussi ce qui vient après. Les collèges privés valentinois appartiennent presque tous à un groupe scolaire qui va jusqu'au baccalauréat, ce qui pèse dans une décision de sixième : voyez les lycées de Valence. Et pour le quotidien, la cantine scolaire se réserve au quotient familial.
Souvenez-vous que vous n'avez pas toujours le choix. Dans le public, la carte scolaire détermine votre établissement de rattachement selon votre adresse. Ces chiffres servent alors moins à choisir qu'à savoir quoi regarder lors de la réunion de rentrée, et quelles questions poser. Si vous n'êtes pas encore installé, en revanche, ils se lisent utilement avec les prix au mètre carré quartier par quartier.
Questions fréquentes
Combien d'élèves à Valence ?
5 932 écoliers dans 43 écoles et 4 364 collégiens dans 8 collèges à la rentrée 2025.
Combien d'élèves par classe ?
20,5 en moyenne, mais 17,0 dans les écoles en éducation prioritaire, 21,4 dans les autres écoles publiques et 25,7 dans le privé.
Un IPS bas veut-il dire une mauvaise école ?
Non. L'IPS décrit les professions des parents, pas la qualité de l'établissement ni le comportement des élèves. Il sert de point de comparaison pour juger un établissement à sa juste mesure, ce que fait la valeur ajoutée.
Une valeur ajoutée de plus 4, c'est bien ?
Oui. Plus le chiffre est haut, mieux c'est. Plus 4 signifie 4 points de réussite au brevet de mieux qu'attendu ; moins 20 signifie 20 points de moins. À Valence, plus 4 est la meilleure performance de la ville.
Quels collèges sont en éducation prioritaire ?
Trois collèges publics : Jean Zay, Marcel Pagnol et Paul Valéry. Quatorze écoles du premier degré sont également classées en réseau d'éducation prioritaire.
Combien de collégiens valentinois sont dans le privé ?
2 043 sur 4 364, soit 46,8 %. C'est deux fois plus que dans le premier degré, où le privé scolarise 23,8 % des élèves.