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Ouverte quatre jours sur sept en été seulement
La fiche officielle le dit elle-même. « La cathédrale n'est pas ouverte tous les jours. Des bénévoles s'occupent de son ouverture, avec des horaires précis. » Ce n'est pas un monument à billetterie et à personnel salarié, c'est une église en activité, ouverte par des gens qui le font gratuitement.
| Jour | Du 3 juillet au 31 août | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Lundi | Fermée | |
| Mardi | Fermée | |
| Mercredi | Fermée | |
| Jeudi | 10 h à 12 h | Deux heures seulement, le matin |
| Vendredi | 16 h à 19 h | La plus longue plage de la semaine, en fin de journée |
| Samedi | 8 h 30 à 12 h et 14 h à 17 h | Messe à 8 h 30 |
| Dimanche | 9 h à 11 h | Messe à 9 h 30 |
Horaires de la période du 3 juillet au 31 août, entrée libre. La cathédrale reste un lieu de culte. Pendant les messes du samedi et du dimanche matin, la visite se fait discrètement ou attend la fin de l'office.
Hors de cette période, aucun horaire n'est publié. Ni la Ville, ni l'office de tourisme, ni le diocèse ne mettent en ligne d'horaires d'automne, d'hiver ou de printemps. La seule manière fiable de savoir est d'appeler la cathédrale au 04 75 43 13 32 la veille. Si vous arrivez devant une porte close, ce n'est pas une exception, c'est le régime ordinaire trois jours sur sept, et davantage hors saison.
Puis-je entrer ce jour-là
Les créneaux affichés sont ceux publiés par l'office de tourisme pour l'été 2026. Ils dépendent de la disponibilité des bénévoles et peuvent être modifiés sans préavis, notamment lors d'un office, d'un concert ou d'obsèques. Le panneau à la porte fait foi.
Quatre choses à regarder à l'intérieur
La cathédrale se visite vite quand on ne sait pas où poser les yeux. Voici ce qui la distingue des dizaines d'églises romanes du couloir rhodanien.
Une borne milliaire romaine, dans un pilier. Plusieurs blocs de l'édifice sont des remplois de constructions gallo-romaines de la cité de Valentia. L'un d'eux est une borne milliaire de la via Agrippa, datée de 274 ou 275 après Jésus-Christ, visible dans le déambulatoire du chœur, deuxième pilier de droite. On passe devant sans la voir, et une fois qu'on la cherche, elle saute aux yeux.
Le déambulatoire lui-même. Ce couloir qui fait le tour du chœur servait à faire circuler les pèlerins sans traverser l'office. Sa présence signale que Saint-Apollinaire était une église étape sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Le monument du pape Pie VI, placé dans le chœur, dont l'histoire est racontée plus bas.
Le grand orgue. Au XVIIIe siècle, l'évêque Alexandre Milon de Mesme réaménage richement son église. Il finance l'orgue et son buffet, un nouvel autel en marbre, et fait orner les murs de tableaux. L'instrument construit de 1751 à 1753 par le facteur suisse Samson Scherrer a été remplacé en 1898 par les ateliers Cavaillé-Coll, sous la direction de Charles Mutin, dans le buffet d'origine ; il a été restauré en 1985 puis rénové en 2014.
Ajoutez, dehors, la pierre de dédicace dans le mur sud, celle qui date la consécration de 1095, et le décor en pierres polychromes qui apparente l'édifice aux monuments d'Auvergne et du Velay plus qu'à ceux de la vallée du Rhône.
Quatre foudres et deux incendies
L'histoire de cette cathédrale est une suite de sinistres, et c'est ce qui explique son allure. L'évêque Gontard en lance la construction dans la seconde moitié du XIe siècle. Elle est consacrée le 5 août 1095 par le pape Urbain II, en route vers le concile de Clermont où il va prêcher la première croisade, sous le triple nom des saints Cyprien, Corneille et Apollinaire.
En 1281, la foudre frappe le clocher, remplacé par une flèche en charpente couverte d'ardoises. En 1562 puis 1567, les huguenots incendient l'édifice pendant les guerres de Religion. La reconstruction commence en 1604, et elle est fidèle : on rebâtit dans le style roman initial, ce qui explique qu'une cathédrale presque entièrement refaite au XVIIe siècle ait toutes les caractéristiques d'une église du XIe.
Le 17 novembre 1822, la foudre tombe encore sur la flèche, incendie la tour du clocher, qui s'effondre. Deux étages sont reconstruits sur les vestiges entre 1824 et 1826, des lézardes apparaissent très vite, et la foudre fragilise de nouveau l'édifice en 1837. Le clocher-porche que vous voyez aujourd'hui, dont l'entrée n'est plus utilisée, date de cette reconstruction du XIXe siècle. La tour est donc trois fois plus jeune que l'église qu'elle surmonte.
Le dernier incident est tout récent. Un incendie s'est déclaré à l'intérieur le 27 septembre 2021 vers 19 heures, très vite maîtrisé, vraisemblablement déclenché par accident lors d'un traitement du bois contre les insectes xylophages.
Enfin, la pierre elle-même pose problème. La molasse employée à la construction s'altère, et l'État, avec la direction régionale des affaires culturelles, a conduit de mai 2022 à octobre 2023 un chantier de restauration des façades nord et sud : consolidation des parements de molasse, remplacement des blocs trop altérés par du grès des Vosges, restauration des verrières, des menuiseries et de la gestion des eaux pluviales. C'est la même pierre fragile, la molasse, qui a imposé des restaurations lourdes à la Maison des Têtes, à trois cents mètres de là.
Le pape Pie VI est mort à Valence en 1799
En 1799, le pape Pie VI, exilé et prisonnier du Directoire, octogénaire et très affaibli, est conduit en France. Sa course s'arrête à Valence, où il meurt le 29 août 1799. Il y est d'abord inhumé. Quand son corps est réclamé et ramené à Rome, les Valentinois obtiennent de garder son cœur et ses entrailles, toujours conservés dans la cathédrale.
L'épisode a laissé une trace inattendue dans les vitrines des pâtissiers de la ville. Le passage du pape et de ses gardes suisses aurait inspiré à un pâtissier valentinois un biscuit sablé en forme de personnage : le Suisse, biscuit parfumé à la fleur d'oranger qu'on trouve encore dans toutes les boulangeries de la ville.
Le classement date de 1862 et non de 1869
L'écart vaut la peine d'être signalé, parce qu'on le retrouve des deux côtés. La fiche de l'office de tourisme intercommunal donne un classement en 1869, la base Mérimée un classement par la liste de 1862.
C'est 1862 qui fait foi. La base Mérimée est le registre officiel des immeubles protégés au titre des monuments historiques, sa notice reprend les termes de l'arrêté lui-même, et elle attribue la propriété du monument à l'État. Si vous croisez la date de 1869 ailleurs, c'est de là qu'elle vient.
Trois monuments à moins de deux minutes à pied
La cathédrale s'inscrit au centre du quartier cathédral, en partie haute de la vieille ville, dominant les anciens remparts et les bas quartiers du Rhône. Trois choses la touchent presque physiquement.
Le Pendentif, sur la petite place du même nom, côté nord, à l'emplacement de l'ancien cloître. C'est le monument funéraire du chanoine Nicolas Mistral, élevé en 1548, inscrit sur la toute première liste des monuments classés en France, en 1840, trois ans à peine après la création de la Commission des monuments historiques. Il est ouvert tous les jours, toute l'année, et c'est gratuit. Vendu comme bien national en 1796, il a servi d'échoppe de commerçant, sa crypte faisant office de cave, jusqu'au rachat par la ville en 1831.
Le musée de Valence, place des Ormeaux, occupe l'ancien palais épiscopal, juste au sud. C'est la suite logique de la visite, et la page du musée d'art et d'archéologie en donne les horaires et les tarifs.
L'escalier monumental des Jardins de la Cathédrale descend vers le parc Jouvet et le bord du Rhône. C'est la plus belle façon de quitter le quartier cathédral, et elle ne coûte rien. La page du parc Jouvet donne ses horaires saisonniers, qui changent trois fois dans l'année. Le reste du quartier ancien se parcourt à pied, et le vieux Valence détaille le circuit.
Continuer la visite
- Le vieux Valence
- La Maison des Têtes
- Le musée de Valence
- Le parc Jouvet
- L'office de tourisme
- Visiter Valence
Appelez avant de monter. Les horaires publiés valent pour l'été et dépendent de bénévoles. Un office, un concert ou des obsèques peuvent fermer la cathédrale sans préavis.
Questions fréquentes
Quels sont les horaires de la cathédrale de Valence ?
Du 3 juillet au 31 août, jeudi de 10 h à 12 h, vendredi de 16 h à 19 h, samedi de 8 h 30 à 12 h et de 14 h à 17 h, dimanche de 9 h à 11 h. Fermée le lundi, le mardi et le mercredi. Le reste de l'année, aucun horaire n'est publié, il faut appeler.
La visite de la cathédrale est-elle payante ?
Non, l'entrée est libre et gratuite. C'est une église en activité plutôt qu'un monument à billetterie. Des messes y sont célébrées le samedi à 8 h 30 et le dimanche à 9 h 30, et l'ouverture au public repose sur des bénévoles.
Quand la cathédrale de Valence a-t-elle été consacrée ?
Le 5 août 1095, par le pape Urbain II, qui se rendait au concile de Clermont où il allait prêcher la première croisade. Elle fut consacrée sous le triple nom des saints Cyprien, Corneille et Apollinaire. La pierre de dédicace est toujours visible dans le mur sud.
Que faut-il regarder à l'intérieur ?
Le monument du pape Pie VI dans le choeur, une borne milliaire romaine de la via Agrippa remployée dans le deuxième pilier de droite du déambulatoire, le grand orgue commandé au XVIIIe siècle par l'évêque Milon de Mesme, et le déambulatoire lui-même, qui signale une étape sur le chemin de Saint-Jacques.
Pourquoi le pape Pie VI est-il lié à Valence ?
Exilé et prisonnier du Directoire, octogénaire et très affaibli, il meurt à Valence le 29 août 1799. Son corps est ensuite ramené à Rome, mais les Valentinois obtiennent que son coeur et ses entrailles restent dans la ville. Ils sont conservés dans la cathédrale.
La cathédrale est-elle classée depuis 1862 ou 1869 ?
Depuis 1862. La base Mérimée, registre officiel des immeubles protégés, indique un classement par la liste de 1862. La fiche de l'office de tourisme intercommunal écrit 1869. Nous retenons la base Mérimée, qui reprend les termes de l'arrêté de protection, et nous signalons l'écart.