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Où il est et comment y accéder
Le Pendentif en pratique
- Adresse : 1 place du Pendentif, 26000 Valence
- Localisation : Juste au nord de la cathédrale Saint-Apollinaire, Vieux Valence
- Accès extérieur : Libre et permanent, visible depuis la place
- Classé monument historique, il figure sur la toute première liste nationale, celle de 1840
Un tombeau de chanoine devenu une leçon d'architecture
Le Pendentif est un monument funéraire construit en 1548 par le chanoine Nicolas Mistral pour lui-même et sa famille. C'est donc, à l'origine, une chapelle privée destinée à accueillir les sépultures d'un homme d'Église valentinois, usage courant dans l'aristocratie et le clergé de la Renaissance.
Ce qui distingue ce petit édifice, c'est sa voûte. Elle est sphérique, et repose sur quatre pendentifs, ces triangles sphériques concaves qui assurent la transition entre un plan carré et une coupole ronde. Ce système de voûtement existait dans l'Antiquité (notamment à Sainte-Sophie de Constantinople), mais avait disparu en Occident.
Le Pendentif de Valence est le premier exemple historiquement documenté de ce type de voûtement en France, au XVIe siècle. C'est ce caractère de premier exemplaire technique qui lui vaut son importance dans l'histoire de l'architecture française, et qui a conduit à son classement précoce.
D'où vient le mot pendentif
Le monument doit son nom à son système de voûtement. Les pendentifs sont les quatre surfaces triangulaires qui permettent de passer du plan carré de la base à la coupole circulaire du sommet. Ils « pendent » depuis les angles, d'où leur nom. C'est ce détail technique qui a rendu le bâtiment célèbre auprès des architectes et historiens de l'art.
Échoppe de commerçant jusqu'en 1831
Entre sa construction et son classement, le monument a passé près de trois siècles à servir à autre chose.
Comme beaucoup d'édifices religieux, il est durement touché par les guerres de Religion de la seconde moitié du XVIe siècle. Valence, ville à forte minorité protestante, connaît des violences iconoclastes, sculptures brisées, édifices catholiques endommagés ou profanés. Le Pendentif n'y échappe pas.
Après la Révolution, le bâtiment perd toute fonction religieuse. Mis en vente comme bien national en 1796, il est acheté par un commerçant qui en fait son échoppe, la crypte servant de cave. C'est dans cet état que le siècle suivant le trouve.
C'est Prosper Mérimée qui change la donne. Écrivain connu pour Carmen, il est aussi et surtout, à partir de 1834, inspecteur général des Monuments historiques de France, le premier à systématiser la politique de protection du patrimoine national. Lors de son passage à Valence, il identifie le Pendentif comme un édifice de première importance et le fait inscrire sur la toute première liste officielle des monuments classés en France, en 1840.
La Ville l'avait déjà racheté au commerçant en 1831, neuf ans avant le classement. Les deux gestes réunis permettent d'engager les travaux de sauvegarde et la restauration progressive du monument.
L'architecture en détail
Le Pendentif est construit en molasse, une pierre calcaire tendre et beige typique de la région, facile à tailler et qui donne aux bâtiments valentinois leur teinte chaude caractéristique.
Sa forme extérieure ressemble à un petit arc de triomphe Renaissance, sobre et proportionné. L'intérieur révèle la prouesse technique. La voûte sphérique, de faible diamètre, se déploie avec une légèreté surprenante compte tenu de l'épaisseur des murs. Les quatre pendentifs angulaires sont parfaitement exécutés, sans rupture visible dans la continuité de la surface.
Le traitement décoratif est discret comparé à la Maison des Têtes voisine. Pas de profusion de sculptures, mais une recherche évidente de l'élégance et de la pureté des formes.
Aucune porte, aucun horaire, aucun billet
Le Pendentif est ouvert sur ses quatre faces et posé sur une place publique. On passe dessous quand on veut, de jour comme de nuit, et c'est ainsi qu'on voit la voûte, en levant la tête. L'office de tourisme le référence d'ailleurs comme ouvert tous les jours et toute l'année, gratuitement.
Ce qui s'ajoute ponctuellement, ce sont les visites commentées, pendant les Journées européennes du patrimoine du troisième week-end de septembre ou lors des parcours du service Ville d'art et d'histoire. Elles ne donnent pas accès à plus d'espace, elles donnent l'explication.
Le Pendentif est à trente secondes à pied de l'entrée de la cathédrale Saint-Apollinaire, il serait dommage de visiter l'une sans s'arrêter devant l'autre.
Les visites commentées
- Le service Ville d'art et d'histoire de l'agglomération, 04 75 79 20 86, artethistoire@valenceromansagglo.fr, programme les parcours qui passent par le Pendentif
- L'office de tourisme, 11 boulevard Bancel, 04 75 44 90 40, vend les billets et donne le calendrier
- Pendant les Journées européennes du patrimoine, le troisième week-end de septembre, les visites sont généralement gratuites