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Les cinq minutes qui comptent
Une vitre cassée est d'abord un problème de sécurité, ensuite un problème de facture. L'ordre des gestes compte, et il tient en une poignée de réflexes.
Photographiez avant de nettoyer. La vitre au sol, le point d'impact, la fenêtre, l'objet en cause s'il est encore là. Une fois balayé, plus rien n'est démontrable, ni pour l'assurance ni pour une plainte.
Éloignez enfants et animaux, puis ramassez les gros éclats avec des gants épais, pas à l'aspirateur : le verre raye le tuyau, se loge dans le filtre et ressort à l'usage suivant. Un carton rigide sert à balayer les débris fins, et une éponge humide passée en dernier récupère la poussière de verre invisible.
Obturez avec un panneau rigide, pas avec une bâche. Contreplaqué, carton fort, plaque de polycarbonate, fixés au ruban adhésif toilé sur le dormant. Une bâche battue par le vent ne sécurise rien et ne dissuade personne. En rez-de-chaussée sur rue ou après une effraction, cette obturation provisoire est ce que l'assurance attend de vous : elle sanctionne l'absence de mesures conservatoires.
Si la casse résulte d'une effraction, ne touchez à rien de plus et déposez plainte au commissariat avant de faire intervenir un professionnel. Le récépissé conditionne l'indemnisation, et le délai de déclaration se compte alors en deux jours ouvrés, pas cinq.
Les quatre mots qui décident qui paie
C'est le point que les locataires ignorent, et qu'on ne leur rappelle jamais. Le décret du 26 août 1987 range bien dans les réparations locatives, sous la rubrique des ouvertures, la « réfection des mastics ; remplacement des vitres détériorées ». Lu seul, ce texte donne l'impression qu'une vitre cassée est toujours à la charge du locataire.
Mais il ne se lit pas seul. Le décret précise que les réparations locatives sont celles « consécutifs à l'usage normal des locaux », et surtout, la loi du 6 juillet 1989 impose au locataire ces réparations « sauf si elles sont occasionnées par vétusté, malfaçon, vice de construction, cas fortuit ou force majeure ».
Quatre exceptions, donc, et elles couvrent l'essentiel des vitres qui cassent réellement. Une tempête, un projectile venu de la rue, un cambriolage, un châssis pourri qui lâche : rien de tout cela ne relève de l'usage normal du logement. Une vitre que vous n'avez pas cassée n'est pas votre réparation locative. Encore faut-il le dire, par écrit, avant d'engager les frais.
Selon la cause, qui paie et sous quel délai
Votre cas
Répartition établie à partir du décret n° 87-712 du 26 août 1987 et de l'article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, qui écarte la charge locative en cas de vétusté, de malfaçon, de vice de construction, de cas fortuit ou de force majeure. Les délais viennent de l'article L. 113-2 du code des assurances. En cas de désaccord entre bailleur et locataire, la commission départementale de conciliation de la Drôme se saisit gratuitement.
Le vent est garanti par la loi, la grêle ne l'est pas
Voici une règle utile, et rarement expliquée. Le code des assurances prévoit que les contrats garantissant les dommages d'incendie ouvrent d'office droit à la garantie contre les effets du vent dû aux tempêtes, aux ouragans et aux cyclones. Autrement dit, si votre multirisque habitation couvre l'incendie, ce qui est le cas de toutes, elle couvre le vent, sans option et sans supplément.
La conséquence pratique compte à Valence, où le vent du nord souffle fort dans le couloir rhodanien : une fenêtre arrachée ou brisée par une rafale est couverte par principe. En revanche, la garantie légale s'arrête au vent. La grêle et le poids de la neige ne sont pas dans le texte : ils relèvent d'une clause de votre contrat, presque toujours présente sous le nom de garantie tempête, grêle et neige, mais qu'il faut vérifier plutôt que supposer.
Reste le délai. L'article L. 113-2 du code des assurances fixe le plancher que les contrats doivent respecter : cinq jours ouvrés pour un sinistre ordinaire, deux jours ouvrés en cas de vol. Un contrat ne peut pas exiger moins ; beaucoup s'en tiennent au minimum. Après un cambriolage, le compte à rebours est donc bien plus court que ce que l'on croit.
Ce qu'il faut demander au vitrier
Toutes les vitres ne se remplacent pas par la même chose, et c'est le point où un devis se compare vraiment. Trois questions suffisent.
| La question | Pourquoi elle change le devis |
|---|---|
| Simple vitrage ou vitrage isolant ? | Un vitrage isolant est un ensemble scellé en usine, avec un délai de fabrication. Un simple vitrage se pose parfois le jour même |
| Verre feuilleté, trempé ou recuit ? | Le feuilleté reste en place quand il casse, le trempé se fragmente en petits morceaux, le recuit fait des éclats coupants. Le prix et la sécurité suivent |
| Le châssis est-il en état ? | Poser un verre neuf dans un dormant pourri revient à payer deux fois. C'est aussi ce qui fait basculer la charge vers le propriétaire |
| Une obturation provisoire est-elle facturée à part ? | Sécurisation la nuit puis pose définitive plus tard : ce sont deux déplacements, et cela doit apparaître sur le devis |
Les frais de déplacement, le taux horaire de main-d'oeuvre et le caractère payant ou gratuit du devis doivent vous être communiqués avant la conclusion du contrat, en application de l'article 2 de l'arrêté du 24 janvier 2017. Un vitrier qui refuse de les donner au téléphone est déjà en infraction.
La buée qui apparaît entre les deux verres d'un double vitrage mérite une mention à part, parce qu'elle est systématiquement mal diagnostiquée. Elle ne se nettoie pas et ne se répare pas : le joint d'étanchéité périphérique a lâché, le gaz isolant s'est échappé, et c'est l'ensemble du vitrage qui se remplace. Ce n'est pas une vitre détériorée par l'usage : en location, la charge revient au propriétaire.
Le devis n'a pas de seuil, la vitrerie non plus
La vitrerie figure noir sur blanc dans la liste des activités annexée à l'arrêté du 24 janvier 2017, aux côtés de la miroiterie, de la menuiserie et de la serrurerie. Le seuil de 150 euros que l'on lit partout n'existe plus depuis le 1er avril 2017 : le texte impose un devis détaillé préalablement à l'exécution de toute prestation, sans montant plancher. Le détail des six informations que le professionnel doit vous donner avant même de se déplacer est sur notre page serrurier d'urgence, et s'applique ici à l'identique, comme pour une fuite d'eau ou une coupure de courant.
Un piège propre à la vitrerie : la mise en sécurité de nuit facturée comme une pose. Obturer une ouverture avec un panneau n'est pas remplacer un vitrage. Si l'intervenant repasse plus tard poser le verre, ce sont deux prestations, elles doivent apparaître séparément, et le devis définitif se signe à froid, le lendemain, pas dans la panique.
Un seul atelier de verre plat à Valence
Le recensement du registre des entreprises donne, au 10 août 2026, une image contre-intuitive. Une seule entreprise immatriculée en façonnage et transformation du verre plat a un établissement ouvert à Valence, installée dans la ville depuis 1983. À côté, 170 entreprises relèvent du code « travaux de peinture et vitrerie » et 71 de la menuiserie bois et PVC.
Cette dissymétrie explique beaucoup de choses. Le code « peinture et vitrerie » est très majoritairement occupé par des peintres : le nombre rassurant qu'affichent les annuaires ne dit rien du nombre de professionnels capables de découper un verre à vos dimensions. Sur une urgence, cela signifie que le vrai délai n'est pas celui du déplacement, mais celui de l'approvisionnement en verre, surtout pour un vitrage isolant fabriqué sur mesure.
D'où le bon arbitrage : faites sécuriser tout de suite, faites poser plus tard. La mise en sécurité est une urgence, la pose définitive n'en est presque jamais une, et elle se négocie en journée, avec deux devis, ce qui est impossible un dimanche soir. Hors urgence, notre page vitrier à Valence recense des professionnels du secteur, sans classement ni note, et personne n'y paie sa place. Pour un remplacement de fenêtre complet plutôt qu'un simple verre, c'est plutôt vers un menuisier qu'il faut se tourner.
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Photographie du bandeau : fenêtre brisée, par Tomas Castelazo, mise à disposition sous licence Creative Commons Attribution-Partage dans les mêmes conditions 3.0 via Wikimedia Commons. Cette image illustre le sujet, elle n'a pas été prise à Valence.
Vérifiez votre contrat, pas cette page. Les délais et les garanties cités sont les minimums légaux au 10 août 2026 ; votre contrat peut être plus favorable, jamais moins. Si une information vous paraît fausse, dites-le nous, nous corrigeons vite.
Questions fréquentes
Un locataire doit-il toujours payer une vitre cassée ?
Non. Le remplacement des vitres détériorées figure bien dans la liste des réparations locatives, mais la loi du 6 juillet 1989 en dispense le locataire lorsqu'elles sont occasionnées par vétusté, malfaçon, vice de construction, cas fortuit ou force majeure. Une tempête, un cambriolage ou un projectile venu de l'extérieur entrent dans ces exceptions.
Une vitre brisée par le vent est-elle couverte par l'assurance ?
Oui, sans option à souscrire. Le code des assurances attache d'office aux contrats qui garantissent l'incendie une garantie contre les effets du vent dû aux tempêtes, aux ouragans et aux cyclones. Attention, cette garantie légale vise le vent : la grêle et la neige, elles, dépendent de ce que prévoit votre contrat.
Dans quel délai déclarer une vitre cassée à l'assurance ?
Cinq jours ouvrés au minimum pour un sinistre ordinaire, mais seulement deux jours ouvrés lorsqu'il y a eu vol. Ce sont les planchers que le code des assurances impose aux contrats. Beaucoup s'y tiennent exactement : après un cambriolage, vous avez donc deux jours, pas une semaine.
Que faire avant l'arrivée du vitrier ?
Photographier avant de nettoyer, éloigner enfants et animaux, ramasser les gros éclats avec des gants épais plutôt qu'à l'aspirateur, puis obturer l'ouverture avec un panneau rigide et du ruban adhésif toilé. Une bâche seule ne tient pas au vent et ne sécurise rien.
Un double vitrage embué entre les deux verres se répare-t-il ?
Non, la buée signale que le joint d'étanchéité a lâché et que le vitrage isolant a perdu son gaz : c'est l'ensemble du double vitrage qui se remplace, pas un verre. Ce n'est pas une vitre détériorée par l'usage mais une usure du matériel, donc en location la charge revient au propriétaire.
Le devis d'un vitrier a-t-il un seuil de 150 euros ?
Non. Ce seuil venait de l'arrêté du 2 mars 1990, remplacé le 1er avril 2017. Le texte en vigueur impose un devis détaillé préalablement à l'exécution de toute prestation, sans montant plancher, et la vitrerie figure dans la liste des activités concernées, annexée à l'arrêté.